14-18 Poèmes et boucherie : une anthologie

14-18 Poèmes et boucherie : une anthologie

La guerre 14-18 ne fût pas grande.

Ce ne fût pas comme on nous le présente en ces temps de célébration grandiloquente le gentil contre le méchant, le brave piou-piou contre l’aigle teuton.

Non, ce fût, sur le champ de bataille, une affaire de tripes et de cadavres. Corps pourfendus, démembrés, éparpillés, poussiérisés ; survivants hagards, cabossés, traumatisés.

Les donneurs d’ordres, généraux, industriels, évêques, gouvernants, loin de la souffrance des combats distillaient un nationalisme assassin et se remplissaient les poches.

Les soldats de toutes les armées ont été jetés dans les combats orquestrés dans des salons cossus, victimes d’un seul mot : profit.

Profit des possédants, seuls bénéficiaires de l’« union sacrée », régnant sur une troupe de valets lorgnant une part de gâteau.

Mais les poètes…

Beaucoup ont combattus, plumes sanguinolentes, d’autres, pressentant la boucherie à venir, se sont exilés pour fuir la censure et lutter contre l’injustice et le capitalisme.

Merci à eux d’avoir écrit contre la guerre faite aux peuples.

Pour ceux qui t’ont construit autour de leurs usines
Des temples et des assommoirs
Et qui ont fait pleurer devant le buffet vide
Ta femme et vos petits sans pain,…
Contre ton frère, contre toi-même
Tu vas te battre, tu vas de battre

Marcel Martinet, Tu vas te battre.

Vous le constaterez en parcourant ces poèmes : nous sommes bien loin de l’historiographie officielle. Ici point de virile valorisation du combattant. Mais des témoignages de l’ignoble massacre, des tranches de vie badigeonnées de trouille, de faim, de soif, de froid.

Ceux qui se sont engagés nous proposent des rimes fouillées à la pointe de la baïonnette, des vers scandés au lebel, une prose découpée aux shrapnels ; les poètes combattants ne sont pas dupes :

Que ce combat est fou :
On tire sur un gars
Dont on payerait un coup dans un bar
Ou à qui on prêterait quelques sous

Thomas Hardy, L’homme qui a tué

Cette anthologie ne trouvera pas de place dans les joyeusetés commémoratives actuelles et à venir. C’est tant mieux : son but n’est pas la glorification d’un des plus grand massacre de l’histoire.

Bruno Essard-Budail


Édition Opoto, novembre 2018

ISBN : 978-2-37952-013-6

Domaine public, pas de copyright

Le photocopiage et le piratage tuent l’industrie du livre ; le plus tôt sera le mieux.


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